Le Chantier Environnement

Le Chantier Environnement

Récit de Bruno et Erwan, encadrants techniques

Partant des hauts Sud-Ouest de Plougastel-Daoulas et descendant vers la rade de Brest, Le Caro, ruisseau au lit d’une largeur de 80 cm à 1 mètre, aboutit au bout d’environ 7 km à l’étang du même nom juste avant de se jeter dans la Rade de Brest.

C’est au mois de janvier –très exactement le 11- qu’une équipe de Prélude spécialisée dans l’entretien des espaces naturels, a entrepris de restaurer d’amont en aval l’écoulement de ce cours d’eau. La Direction de l’Écologie Urbaine de Brest Métropole avait ce projet prévu depuis un moment et nous a confié le travail. Le Caro n’avait pas fait l’objet d’un nettoyage complet depuis plusieurs dizaines d’années et de nombreux embâcles encombraient le lit.
À noter au passage qu’un embâcle est un barrage « naturel » : une branche se bloque, puis une autre, puis encore une autre et puis quelques débris et ainsi de suite…

La ripisylve, les ronces et les broussailles limitaient l’accès aux rives, voire le rendaient impossible et accentuaient le risque de nouveaux embâcles. En effet, les saules rouges, très nombreux au bord des cours d’eau, ont tendance à pourrir et tombent fréquemment au-delà d’une dizaine d’années. Leur chute, si elle se fait dans le cours d’eau, constitue souvent le premier stade d’un embâcle.
Autre terme spécifique, la ripisylve : ce sont les formations végétales des rives d’un cours d’eau ou des bords d’une zone humide. On y trouve des essences bien particulières comme le saule et l’aulne, proches de l’eau et plus haut, les frênes, érables et chênes pédonculés.

La progression du chantier s’est donc faite d’abord par débroussaillage, puis par évacuation, et enfin par abattage des arbres « à risque ». Le travail a été facilité par du débardage animal, avec Dominique et son âne Lucky ! C’est un chantier qui illustre parfaitement à quel point un animal comme Lucky est capable de nous faire gagner du temps, de l’énergie et contribue à diminuer les risques d’accidents. Très amateur de carottes bio, Lucky est maintenant à Prélude comme chez lui ! Trop gâté !

Le sous-sol de la presqu’île de Plougastel est tel que l’eau ne peut absolument pas pénétrer, ce qui la contraint à ruisseler immédiatement, grossissant tous les cours d’eau très rapidement. Le Caro peut ainsi en quelques heures passer de 80 cm à 5 ou 6 m de large lors de précipitations importantes. C’est parfois « du sport », il est même impossible de travailler et on revient donc le lendemain !

Avec méthode, petit à petit, nous voici presque arrivés à l’étang du Caro, la fin de ce chantier. Une aventure de 3 mois ½ où les jours sont tous différents, avec les riverains qui vous disent bonjour, qui viennent voir ce que vous faites, parfois un élu qui vient saluer et approuver : un sacré boulot avec de la bonne humeur, quoi !